🎬 Série d’été - Retour vers le futur… lequel ? Épisode 4 - La grande évasion

Il y a une autre pensée qui peut traverser l’esprit sur la plage quand on pense à la rentrée.
"Et avec nos équipes, on va où ?"
D’un côté, toute une génération commence à partir à la retraite. Et ça se sent.
Avec elle part trente ou quarante ans d’expérience, des savoir-faire, des relations clients, des tours de main, des façons de résoudre les problèmes que personne n’a jamais vraiment pris le temps d’écrire.
Parce qu’il y a la fiche de poste. Et puis il y a le vrai savoir-faire, celui-là ne s’écrit pas. Il se transmet en travaillant ensemble, par la transmission, dans la durée.
Mais la durée coûte cher. Alors on fait un ou deux mois de passation. Et hop.
De l’autre côté, on recrute. Difficilement.
On cherche, on intègre, on forme, on mobilise les managers…
Et parfois, quelques mois plus tard, ils repartent. Alors on recommence.
On entend beaucoup dire que les jeunes ne savent plus rester, qu’ils veulent aller trop vite, qu’ils n’ont plus le même rapport au travail.
Peut-ĂŞtre.
Mais est-ce qu’on se demande suffisamment si nos entreprises savent encore leur donner envie de rester ?
Et c’est peut-être là que les deux sujets se rejoignent.
D’un côté, on laisse partir une intelligence construite pendant trente ans.
De l’autre, on n’arrive pas toujours à garder celle qui pourrait construire les trente prochaines années.
Comme un corps qui transpire trop finit par se déminéraliser, l’entreprise finit elle aussi par se déminéraliser de son intelligence.
Celle des anciens. Celle des nouveaux.
Et surtout celle qui pourrait naître de leur rencontre.
On parle beaucoup de guerre des talents.
On veut recruter vite. Former vite. Faire des passations vite. Rendre les nouveaux opérationnels vite. Et puis on s’étonne qu’ils repartent vite.
Prendre le temps d’aller vite.
Prendre le temps de transmettre. D’apprendre les uns des autres. De faire grandir cette intelligence qui naît de la rencontre. De construire aussi un projet qui donne du sens et de l’envie.
Et peut-ĂŞtre, tout simplement, leur donner envie de rester.





