Le droit à l’erreur, grande tarte à la crème managériale !

 

Le droit à l’erreur, grande tarte à la crème managériale des ces dernières années, et on y perd son latin, ou au moins la raison.


Les discours sont souvent confus sur le sujet : on assimile cela à la confiance, à l’espace de liberté qu’on laisse à ses collaborateurs. En tout cas cela fait plutôt branché de prôner le droit à l’erreur, et dire l’inverse fait passer pour un(e) retord rétrograde.

 

Mais quand il s’agit de le mettre en place chez soi, tous ces beaux discours n’expliquent pas quand, où ni comment poser la chose… et on se dit en même temps que parfois on préférerait qu’ils n’en fassent pas trop...

 

En fait ça dépend...


Le droit à l’erreur ce n’est pas de la bienveillance béate et dégoulinante de bons sentiments.

Quand le chirurgien est en pleine opération à cœur ouvert, on se dit que ça serait mieux qu’il ne fasse pas d’erreur…
Quand il est en recherche de nouvelles solutions pour sa prochaine opération, ou en train de réfléchir à comment intégrer de nouvelles technologies à sa pratique, là, en revanche, il a droit de faire des erreurs, ce sera même la base de son perfectionnement.

On y est.


Une entreprise, 2 modes de fonctionnement :


- le premier mode c’est le mode exploitation qui consiste à exploiter l’existant : reproduire des pratiques, des gestes-métier maîtrisés avec la recherche permanente de l’excellence opérationnelle. Dans ce mode-là, l’objectif n’est pas de pousser à l’erreur mais plutôt à l’excellence opérationnelle en gardant une oreille tendue vers le client pour améliorer l’existant.

- le second mode c’est le mode exploratoire, celui dans lequel on fait l’effort et on a l’humilité de se remettre en cause, de repartir régulièrement d’une page blanche, de capter la maturité ambiante pour se réinventer, se poser sans cesse la question sur les prochaines offres, les prochains business models. Là, les mots clés sont "capter la maturité ambiante" et "ester de nouvelles approches". Tester, adapter, tester, retomber, se relever, corriger, recommencer. C’est là que se trouve le fameux droit l’erreur dont on parle tant. Pour inventer des choses nouvelles il faut tenter, et quand on tente on ne réussit pas du premier coup. L’erreur est le moteur de l’exploration.

Cultiver l’erreur pour éviter l’échec : oui. Parce qu’une entreprise qui cesse d’explorer mourra un jour, dépassée et endormie dans son exploitation.

Fêter les échecs : pourquoi pas. En tout cas fêter ceux qui font avancer l’entreprise par leur esprit d’exploration et que l’on se doit de reconnaître pour l’énorme énergie que cela demande et ce qu’ils apportent au collectif.

Droit à l’erreur n’est pas le bon terme : le bon terme serait plutôt AUTORISE À L’ERREUR ou INCITE À L’ERREUR.
L’entreprise doit clairement déclarer qu’il existe une partie exploitation et une partie exploration.
En exploitation : excellence opérationnelle, une erreur est synonyme d’un geste métier mal maîtrisé et d’une perte de productivité, c’est donc un problème.
En exploration, si on ne se plante pas c’est qu’on ne prend pas assez de risques...et pour le coup on est collectivement en risque. L’entreprise a clairement identifié ses axes d’exploration et les collaborateurs sont attendus sur le sujet. Le seul moyen d’explorer, c’est prendre des paris, tenter, recommencer. Un enfant tombe en moyenne 2000 fois pour apprendre à marcher. Un enfant sait marcher plus ou moins vite, le temps qu’il faut à chacun pour se relever 2000 fois.

Si les collaborateurs se sentent AUTORISÉS à explorer, alors ils pourront exercer sereinement leur droit à l’erreur.

Fail fast : oui, c’est mieux pour ne pas mettre des années à tomber 2000 fois. Et mieux vaut tester sur des périmètres circonscrits pour ne pas perdre 2000 fois sa chemise.

Les Anglo-saxon ont mieux su traduire que nous cette idée qui sonne chez nous comme une injonction paradoxale.
Savez-vous comment se dit « droit à l’erreur » en anglais..? « RIGHT TO LEARN ». Tout est dit, n’est ce pas?

 

L’exploration est avant tout un apprentissage collectif, une école de la coopération.
En favorisant l’exploration vous entrerez naturellement dans un processus de transformation permanente.

Donnez à vos collaborateurs le droit d’apprendre !

 

 

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